Grand-Fort-Philippe

ou l’histoire d’un fort Espagnol

Malgré sa jeunesse communale, l’emplacement de cette petite ville a été très vite occupé, dés lors que les terres ont avancées vers la mer. C’est en 1635/38 que les Espagnols creusent un canal allant de Gravelines vers la mer du Nord. Et, à l’emplacement dit de la « Flaque des Espagnols », ils construisent à l’ouest un ouvrage fortifié en forme de corne et à l’est un petit bastion, pour protéger l’écluse, l’ensemble prenant le nom de « Fort St-Philippe ». Pendant l’hiver 1638, les Français détruisent l’écluse de la mer et la défense du chenal est abandonnée par les forces militaires. La protection naturelle de la digue contre les hautes marées à l’ouest et l’avancée des dunes permet l’apparition de quelques chaumières agricoles.

En 1740, Louis XV décide de reprendre les travaux de creusement du canal. L’ensablement progressif à l’est provoque le départ de quelques marins pêcheurs « Des Huttes », pour s’installer à l’ouest de « l’Hable » (comprendre : havre). C’est ainsi que naissent « les Huttes du fort Philippe ». Tout au long du XVIIIème siècle, la population croit régulièrement, pour arriver en 1785 à 20 chefs de famille pratiquant la pêche : Agez, Creton, Daubercourt, Dollet (ou Daullé), Dubois, Fournier, Lamour, Lefebvre, Lemaire, Noyel, Plachaux, Wadoux..

Au début du XIXème siècle, le problème de l’éducation est posé et Marc Finot ouvre une classe qui est officialisée en 1811. Le revenu des terres étant supprimé en 1864, l’école devient payante. Sur une initiative des maîtres de pêche, une collecte est organisée en janvier 1876 pour acquérir une maison permettant l’agrandissement de l’école. C’est aussi, suite à une souscription des Fort-Philippois et grâce à la ténacité du Chanoine Jacques Masselis, que la première pierre de l’église est posée le 1er octobre 1860 et ouverte au culte deux ans plus tard. Les marins en feront don à la ville en 1865. La population se multiplie par 6 en 75 ans malgré deux épidémies de choléra en 1849 et 1866 qui donneront respectivement 59 et 75 décès.

L’autonomie de Grand-Fort-Philippe est réclamé à trois reprises en 1848 et 1862, mais c’est celle du 22 février 1881 qui est acceptée par le décret du 15 juillet 1883, mis en application le 1er janvier 1884. Le 27 janvier, le conseil municipal, qui a été élu le 13 janvier, se réunit pour l’élection du premier maire de la commune; c’est Charles Eugène Carney qui est désigné, alors que Joseph Leprêtre est élu Adjoint au Maire. Pour ces premiers élus tout est à faire. Les ressources municipales sont les taxes récoltées sur les entrées des marchandises dans le village (octroi), mais le problème le plus grave reste l’insalubrité. En effet, Grand-Fort-Philippe n’a échappé à aucune épidémies de choléra (en 1892 il y a encore 35 décès sur les 80 cas), et il faut attendre 2 à 3 années pour voir l’ouverture de travaux de d’assainissement.

Pour pallier à l’effectif grandissant de l’école publique, l’abbé Haan, Curé de la paroisse, convainc quelques personnes charitables d’acheter l’ancienne salle de bal pour en faire deux salles de classes. En septembre 1889, l’école St Paul ouvre ses portes avec à sa direction les Súurs de Saint Paul de Chartres.

Toute les municipalités qui vont se succéder pendant la première moitié du XXème siècle auront comme objectifs de développer la production de pêche, l’éducation des jeunes « fort-philippois » et l’assainissement des rues. Malgré les différents malheurs qui s’abattent sur ce bourg :1888 et 1895 années noires pour les pêcheurs, la Grande Guerre qui fait 138 soldats morts pour la France et la crise des années 30 qui élimine l’activité maritime des Islandais. Les gens du Grand-Fort ont toujours fait face avec courage et solidarité à toute ces tourmentes.

Description des armoiries :

D’or au lion de sable, à la bordure de gueules, orné d’une ancre de sable, la trabe et le stangue du même et la gumène d’argent.

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